Une seule éolienne géante s'élève à ce jour dans le ciel d'Ile-de-France : celle, symbolique, du centre commercial du Carré-Sénart, en Seine-et-Marne. Etrange pour une région où, de l'avis des experts, le potentiel énergétique du vent permettrait d'installer quelque 300 éoliennes, fournissant 1000 mégawatts (MW) d'électricité, l'équivalent d'une tranche de centrale nucléaire. Mais la situation pourrait évoluer.

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La préfecture de la Seine-et-Marne vient d'éditer un Guide de l'éolienne, à l'usage des élus, précisant tout ce qu'il faut savoir en matière de nuisance, de respect de l'environnement, de concertation, de zones préservées, etc. Sur 25 projets de champs éoliens identifiés en Ile-de-France, 20 intéressent la Seine-et-Marne (les autres sont sur le Val-d'Oise, l'Essonne et les Yvelines). Les réserves foncières du plus grand département francilien (59 000 km2, soit la moitié de la région), le relief ultra-plat et souvent venté de la Brie suscitent les convoitises des investisseurs.

La Seine-et-Marne est placée en " zone 2 " sur la carte des vents nationale qui en compte quatre, c'est à dire qu'elle bénéficie de courants soufflant à 6 mètres par seconde en moyenne annuelle. Une éolienne de 1 MW (70 m de haut) permet ainsi de couvrir les besoins énergétiques annuels d'un millier de personnes pour 1 million d'euros d'investissement de départ. D'un coût d'entretien modique, l'éolien génère une taxe professionnelle non négligeable pour les petites communes rurales (EDF rachète 8,2 centimes le kw/h produit).

Plutôt discrètes sur le plan sonore – environ 50 décibels, soit moins qu'une rue passante – les éoliennes sont en revanche plutôt encombrantes dans le paysage : de la hauteur d'une ligne haute tension pour une petite unité de 10 kW jusqu'à 150 m pour les grosses centrales de 3 MW. " Elles vous détruisent totalement un paysage, souligne un opposant. Et pour les oiseaux, avec une vitesse de rotation de 10 à 25 tours/minute, elles agissent comme un vrai hachoir surtout dans les zones de migration." Si les associations de riverains qui fleurissent ici où là ont jusqu'ici réussi à paralyser tous les projets, les promoteurs savent que le vent de l'histoire souffle en leur faveur : la France s'est engagée auprès de l'Union européenne à tirer 21% de son électricité des énergies renouvelables d'ici à 2010.

source : Le Monde