Des salariés de plusieurs entreprises, qui s’apprêtaient à interpeller Sarkozy à Meaux, ont été bloqués par les forces de l’ordre.

« On voulait juste tendre une banderole, interpeller le candidat sur le sort de notre entreprise en liquidation judiciaire. Notre action était pacifique », raconte Pierrick Vannier, secrétaire du comité d’entreprise de JDC, une imprimerie située à Torcy, en Seine-et-Marne, occupée depuis plus de six semaines par des ouvriers qui en refusent la fermeture.

Jeudi matin, ils sont venus à Paris manifester sous les portes de la Fédération patronale de l’imprimerie et de la communication graphique (FICG) et se sont fait confirmer à cette occasion que deux repreneurs se seraient manifestés. Le lendemain, ils ont voulu aller interpeller Nicolas Sarkozy, en visite dans leur département, à Meaux, ville dirigée par Jean-François Copé, ministre du Budget. Ils en ont été littéralement empêchés. Bloqués par les forces de l’ordre. « Nous avons été arrêtés sur la route départementale 404. On était 50 dans le bus. Les CRS étaient au moins 70. Ils nous ont bloqués pendant deux heures et demie. J’appelle ça une séquestration », s’indigne Pierrick Vannier. Dans le car, certains salariés de Nestlé, basée à Noisiel, étaient aussi présents. À quelques encablures de là, les salariés de Gate Gourmet, usine menacée par la liquidation judiciaire, n’ont jamais pu sortir de la zone industrielle de Mitry-Mory. Leur bus a été bloqué dès 18 heures, a fait savoir Michèle Guzman, secrétaire départementale du PCF, parti qui avait appelé à ce rassemblement pour interpeller Nicolas Sarkozy. La visite du candidat de l’UMP s’achevant dans la cité Beauval, à Meaux, les salariés ont été raccompagnés à leur point de départ sous bonne escorte policière.

Devant cette atteinte à la liberté de circulation et d’expression, qu’ils jugent manifeste et totalement disproportionnée, les membres du comité de soutien des imprimeurs de JDC ont rédigé une pétition mise en ligne sur le blog de la lutte (1). Parlant de « délit d’entrave au droit d’expression » pour une action « qui se voulait non violente », les pétitionnaires appellent à ce que l’égalité républicaine ne prenne pas le pas sur les libertés fondamentales.