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L'enjeu du centre, comment l'appréhendez-vous ? Nicolas Sarkozy a évoqué un petit peu de proportionnelle.

Le message est de savoir comment on peut représenter un petit peu mieux les minorités au Parlement. C'est un grand débat, éternel, de nos institutions. L'objectif étant de conserver des majorités cohérentes à l'Assemblée nationale. Peut-être pourrions-nous imaginer au Sénat d'avoir ce type de débat. Il y a une réflexion par rapport aux électeurs du centre, mais pas seulement du centre.

Des électeurs du Front national ?

De tous les électeurs.

L'émergence d'un troisième pôle politique est-elle souhaitable ?

Je ne crois pas qu'il puisse y avoir une émergence durable d'un pôle du centre sous la Ve République. Le soir du premier tour, 21 millions de Français ont mis en finale Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, et personne d'autre. En d'autres circonstances, ils n'avaient pas fait ça puisqu'ils avaient même mis, la dernière fois, Le Pen au deuxième tour. Pendant cinq ans, les uns et les autres ont regretté qu'il n'y ait pas eu cette bipolarisation.

Que diriez-vous aux électeurs de François Bayrou pour voter Sarkozy ?

De bien écouter les programmes des deux. Le 2 mai, nous allons voir les deux candidats face à face avec leur tempérament, leur personnalité, leur talent respectifs. Nous allons voir lequel ou laquelle a le projet le plus construit, le plus préparé, le plus anticipé pour conduire les évolutions de demain pour la France.

Jusqu'où allez-vous dans la "liquidation" de Mai 68 ? Un des enfants de Mai 68, c'est la "nouvelle société" de Jacques Chaban-Delmas en 1969...

Personne ne va remettre en cause, jamais, les formidables avancées sociales des années 1960, en particulier de ce qui a suivi 1968. Le discours de la "nouvelle société" est un discours de droite moderne, formidable, très en avance sur son temps et qui a très largement nourri le projet de Nicolas Sarkozy. Ce que l'on conteste de Mai 68, c'est le fait qu'une certaine extrême gauche a préservé une espèce de ligne idéologique extrêmement dure qui foulait au pied des valeurs de la France d'avant 1968. La notion d'autorité, l'idée que le travail est essentiel, que l'on ne voit pas uniquement les choses à travers les rapports de classes, peuvent être mises au goût du jour sans drame.

Dans le débat du 2 mai, il y a des choses difficiles à dire aux Français ?

Les choses difficiles l'ont été par Nicolas Sarkozy et par lui seul. Dire effectivement qu'il faut travailler plus, ce n'est pas facile. Les deux candidats ont dit donnant-donnant.

Nicolas Sarkozy l'a démontré à chaque fois. Sur les retraites, il dit j'augmente les petites retraites, mais je réforme le régime spécial des retraites. Donnant-donnant. Il dit j'augmente la rémunération des fonctionnaires, il faut qu'ils soient mieux formés, mais je ne remplace pas un sur deux. Ségolène Royal, son donnant-donnant à elle, c'est juste donnant.