jeu 31 mai 2007
Un réseau pour mieux lutter contre le cancer
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ET SI une personne atteinte d'un cancer était aussi bien soignée - voire mieux prise en charge - en Seine-et-Marne que dans les grands hôpitaux parisiens, du type Curie, Saint-Antoine, ou à Villejuif (94) ? C'est l'un des arguments clés des trois réseaux d'oncologie créés dans le département dans le cadre du plan Cancer. Le dernier-né, baptisé Oncosud 77, réunit les professionnels de santé du secteur public et privé* pour desservir le sud du département. Sa zone de couverture : le secteur qui s'étend de Férolles-Attilly et Brie-Comte-Robert au nord jusqu'au-delà de Nemours au sud et à Provins et Saint-Brice à l'est.
« Il y a un vrai besoin en Seine-et-Marne sud où la population âgée augmente et où les conditions socio-économiques sont plus difficiles. D'où un retard pour le dépistage et pour la prise en charge du malade. Les associations sont demandeuses, les tutelles aussi », insistent les docteurs Amid Tefiani, coordinateur, et Jean-Marie Picod, président du réseau. Oncosud 77 complète les deux premiers réseaux de Seine-et-Marne : Oncoval (sur les secteurs de Lagny et Coulommiers) et Uni-K (cantons de Meaux, Lizy, Crécy, Dammartin, La Ferté-sous-Jouarre). Ils offrent aux Seine-et-Marnais atteints d'un cancer la continuité et la qualité des soins dans leur bassin de vie. Et l'enjeu est de taille.
« Le patient n'a plus la fatigue des transports, ni le souci des délais d'attente »
D'après le schéma régional d'organisation sanitaire 2006-2010 (SROS 3), l'espérance de vie en Seine-et-Marne n'est pas des plus brillantes. Si le cancer est la première cause de décès en Ile-de-France, le département connaît même une surmortalité chez les hommes en la matière. Qu'apportent ces réseaux ? « Avant, les patients pouvaient être recommandés à un spécialiste de Paris ou d'ailleurs. Aujourd'hui, avec le réseau, tous les professionnels se connaissent mieux et adressent les malades chez des spécialistes exerçant à proximité. Le patient n'a plus la fatigue des transports, ni le souci des délais d'attente », insiste Sophie Surget, du réseau Oncoval, premier né dans le département. En clair, sauf pathologies rares (ou choix autre du malade), ce dernier est soigné dans son secteur géographique. Les résultats ? Difficile de dire pour l'instant si le dispositif a permis de réduire le taux de « fuite » vers les grands hôpitaux parisiens (aucun réseau ne dispose encore de chiffres là-dessus). En revanche, le nombre de patients inclus dans les réseaux augmente. Un exemple : au sein d'Uni-K, ils étaient 735 en 2006 (contre 346 en 2004). Le principe des réseaux d'oncologie comporte d'autres nouveautés. Ainsi chaque cas de cancer passe par le crible d'une commission pluridisciplinaire. Chaque dossier est débattu entre plusieurs spécialistes. Le médecin de famille a désormais accès au suivi de son patient, via une connexion Internet au réseau. Autre intérêt : l'après-hospitalisation des patients est mieux préparée. « Avant, le malade quittait l'hôpital avec son ordonnance de soins et il devait se débrouiller. Maintenant, c'est le réseau qui trouve les professionnels qui vont dispenser les soins à domicile, les infirmières par exemple », selon Sophie Surget. Dernière nouveauté : les réseaux paient aux patients qui le souhaitent des consultations chez les psychologues en vue de trouver un soutien. Chez Oncoval, 15 patients en ont bénéficié au premier trimestre 2007, ce qui représente 64 consultations.
- Les hôpitaux de Melun, Fontainebleau, les cliniques des Fontaines et Saint-Jean à Melun, de l'Ermitage de Dammarie, de la Forêt à Fontainebleau, le groupement melunais de radiothérapie, le centre médical de Forcilles, le prieuré d'Avon, l'unité de traitement de la douleur de l'hôpital de Nemours, des médecins libéraux et des anatomopathologistes du secteur.
source : Le Parisien
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