Voici l'interview de Yannick Peran par les internautes de MonDammartin.com

Peran

1/. Titi 123 : Pourquoi vous présentez-vous à ces élections législatives ?

L’élection d’un député est avant tout un enjeu national : le député a essentiellement pour rôle de tenir le pouvoir législatif du pays, par un vrai travail dans les commissions et sur les bancs de l’hémicycle. En ce sens, si je me présente, c’est parce que j’ai une foi réelle dans le message qui a été délivré par François BAYROU lors des élections présidentielles : il faut arrêter le dialogue de sourds en politique et savoir travailler sur les projets et non sur les idéologies. De plus, toujours à l’échelon national, je trouve dangereux (et ce n’est pas parce que c’est Nicolas SARKOZY) que le même parti possède tous les pouvoirs : c’est au sein de la sphère politique que doivent s’exercer les contre-pouvoirs, et non dans le syndicalisme comme cela risque de finir par être le cas (quand c’était la gauche au pouvoir, c’est le MEDEF qui exerçait le contre-pouvoir, autre syndicalisme…). Enfin, je crois qu’il faut changer le système électoral, instaurer la proportionnelle pour la moitié des sièges afin de permettre, tout en gardant une majorité absolue, d’avoir des groupes parlementaires représentant les partis qui attirent quand même quelques millions de voix !

A l’échelon local, un mot tout de même : au-delà de la personne qui se présente, qui peut avoir toutes les qualités et l’intelligence du monde, je trouve horriblement dangereux, et irrespectueux de l’électeur de trop cumuler fonctions et mandats. Il est normal qu’un maire puisse vouloir devenir député, et cela peut même être bénéfique pour la ville et pour sa vision politique à l’assemblée (avoir les pieds sur terre). Mais on devrait élargir la loi d’interdit des cumuls des mandats (maire d’une ville de 50000 habitants, conseiller régional, éventuellement député, président de groupe parlementaire) au cumul des fonctions (président de communauté d’agglomération, de Syndicat Mixte de Géothermie, etc). On ne doit pas octroyer 5 ou 6 salaires de travail à temps plein pour une seule et même personne. Même si je sais que le montant est tout de même réduit un peu avec le cumul. Plus que l’indemnité, c’est le travail qui ne suit plus, ou alors confié à des technocrates sans souci du politique. Le pouvoir doit être aux mains du politique, non du technocrate. Enfin, je suis choqué par l’attitude qui consiste à se considérer déjà élu, au point de prétendre à une présidence de groupe parlementaire : il n’est pas très démocrate de faire fi si tôt des urnes. Je veux être un député disponible (donc à temps plein) pour permettre à mon adversaire de l’UMP de continuer le travail, pas toujours si mauvais que cela sur le fond, engagé sur la ville de Meaux.

2/. Marie : Que pensez-vous faire pour améliorer les transports dans notre secteur ?

Concernant l’existant, et notamment les chemins de fer, je vous dirais : la même chose que M. COPE, à savoir rencontrer les dirigeants de la SNCF et taper du poing sur la table et exiger un rythme et une qualité professionnels (respect des horaires, du nombre de wagons, du droit à l’information, etc). Mais par différence avec M.COPE, je souhaite le faire durant tout mon mandat, pas le dernier mois, avant les élections. On doit imposer à la SNCF des obligations de remboursements dégressifs sur carte orange notamment (déduction sur le mois suivant par exemple, en fonction des villes) en proportion du nombre d’incidents, de retards, de wagons supprimés, etc. Ce n’est pas parce que c’est du service public qu’on doit refuser les mots d’efficacité, de modernité et même de technicité.

Concernant ce qui n’existe pas ou mal, et notamment les liaisons depuis les communes rurales : on doit limiter le monopole des deux grandes sociétés de bus (Cif et Marne Et Morin) qui certes font un travail de qualité mais qui peuvent du coup se permettre des coûts prohibitifs pour un service public de transports payé par les petites communes rurales. On doit diversifier le parc (petits bus, voire taxis) pour étendre les possibilités de contrats avec les petites communes rurales. Enfin, il est urgent de mieux relier tout le secteur économique de Roissy à tout le nord de la Seine et Marne, notamment le canton de Dammartin en Goële.

3/. Greg : Je suis étudiant à Paris mais j’habite à Meaux, qu’allez-vous proposer pour aider les étudiants ?

D’abord il faut avoir bien su aider le jeune à trouver sa voie, la sienne, pas celle de la Cop ou des parents. Il faut consacrer un semestre à l’orientation des étudiants en première année d’université.

Ensuite, il faut augmenter les bourses, sociales et au mérite, en contrepartie de temps accordé à l’encadrement ( tuteurs, répétiteurs, bibliothécaires, etc). Les études doivent être un droit, on peut éventuellement faire des études qui prennent un temps monstre, ne permettant pas de suite de consacrer du temps à travailler : on doit pouvoir prêter aussi en échange d’un petit travail d’aide éducative une fois que je jeune a son diplôme. Enfin, si elle veut préserver ses jeunes, une ville de la banlieue parisienne doit absolument contribuer à l’épanouissement de ces populations : aides financières aux transports, médiathèque fournie en ouvrages universitaires, lieux de détente plus diversifiés, etc

Enfin, il faut aller dans le sens, souhaité à bon escient par Nicolas SARKOZY, d’une autonomie des universités : elles doivent être libérées du poids de l’administration centrale de l’Education Nationale pour pouvoir parler efficacité, individualité et renforcement des liens locaux.

4/. Albert : Qu’allez-vous faire pour aider les petits commerces ?

Un petit commerce est d’abord une PME : la proposition de François BAYROU de préserver 20% des commandes publiques à une PMI/PME est applicable aux commerces : les petits fours d’un conseil d’administration, les commandes de livres pour les scolaires, les tenues professionnelles , le matériel vidéo, etc. De plus, BAYROU proposait de permettre à ces PME/PME de pouvoir recruter deux emplois sans charge : peut-être cela pourrait-il stimuler les énergies.

Par ailleurs, je crois qu’il fait instaurer des contrats entre les municipalités et les commerces : tu restes ouvert le soir jusque 21 heures, et je prends en charge les deux heures salariales supplémentaires. Les villes doivent se donner les moyens d’animer leurs centres, et dans une ville comme Meaux cela doit notamment passer par une ouverture plus tardive en soirée (à l’heure où les gens reviennent du travail). Cela peut se traduire au niveau législatif par un assouplissement des taxes professionnelles et des taxes salariales en fonction des heures d’ouverture des magasins. J’irais même plus loin, car je considère la taxe professionnelle comme une aberration : on fait payer une entreprise le droit d’apporter du travail et de la vitalité à la ville ! Ce n’est donc pas en fonction du nombre de salariés que doit être calculée la taxe professionnelle (ce qui est le cas actuellement), mais en fonction des bénéfices nets.

Enfin, et ce n’est pas nouveau, le stationnement en centre-ville de Meaux, comme à Dammartin, est un vrai problème : quid du parking souterrain promis ? Là, un contrat de plan avec l’Etat devrait être prévu au niveau national pour les parkings souterrains qu’on refuse pour éviter la pollution, mais il faut rester réaliste et admettre que la voiture est un moyen privilégié, notamment pour les courses), ainsi que d’éventuels métros, même à ligne unique.

5/. Tonio : Quelle sera votre politique en faveur de la sécurité ?

D’abord, il faut rendre ses lettres de noblesses à la police de proximité : celle-ci, qui existait jusque 2002, a été arrêtée par l’ancien ministre de l’intérieur qui avait trop le souci des chiffres. Certes la police de proximité ne permet pas une diminution drastique immédiate de la délinquance mais elle le permet sur le long terme : il faut donc penser la sécurité sur le long terme, et plus seulement en terme de nombre d’infractions et de délits constatés.

Ensuite, il est indispensable de ne pas séparer la question de la sécurité de celle de la justice. En France 4000 magistrats, en Allemagne 20 000 : il est urgent de rattraper notre retard en terme de moyens pour la justice. Il n’est pas acceptable qu’un délit puisse être jugé deux ans après avoir été commis : quel sens réparateur ou éducatif la sanction peut-elle avoir ? La justice, toujours, doit changer de philosophie : il faut rompre avec la sacrosainte indépendance de la justice par rapport au pouvoir politique. Non pour une affaire en particulier, mais pour la philosophie du jugement : le procureur de Meaux, tout comme ceux de Bobigny ou de Versailles, est marqué par une idéologie sociale de « compréhension » du jeune par rapport à son milieu social… « Le pauvre, il a souffert dans son climat de vie, dans sa famille, etc…on doit lui laisser une chance ». Tant que la police arrêtera 30 fois le même jeune qui sera ensuite relaxé, on peut comprendre l’inefficacité de la sécurité et l’exaspération de la police. ON DOIT JUGER ET CONDAMNER DES LE PREMIER DELIT . Pour cela, il faut donner aux procureurs les solutions adaptées : les moyens pour organiser et surveiller des TIG, des travaux de réparation, etc

6/. Kikry : Certaines routes sont dangereuses pour nos enfants ! Les voitures vont trop vite…une solution ?

Pas de solution miracle, mais rendons à Nicolas SARKOZY le mérite de la lutte plus efficace contre la délinquance routière. Il faut continuer, avec fermeté, à enlever les points et donner des amendes. Sûrement faut-il des peines plus lourdes pour les conducteurs sans permis sur lesquels on a beaucoup moins de prise. Les abords des écoles enfin doivent continuer à être sécurisées, il y va de la responsabilité pénale du maire à laquelle il faut savoir recourir.

7/. Jeannine : Que comptez-vous faire pour les petites villes où j’habite, comme Moussy-le-vieux ?

Là, il est intéressant de regarder la campagne électorale : où les candidats font-ils des réunions publiques ? On parle beaucoup des petits villages, mais on n’y va pas. J’ai fait ma première réunion publique à Vernelle, petit hameau de May en Multien, une trentaine d’habitants. Je crois qu’on doit créer dans les communes entre 500 et 3 000 habitants des maisons des services : un cabinet médical aménagé avec le minimum pour un dentiste, un opthalmo, un gynéco, un généraliste. Et permettre l’ouverture un jour par semaine à chaque spécialité, le tout payé par l’Etat (ministère de l’Aménagement du Territoire indispensable !) pour ce qui concerne une surtaxe, conséquente, qui serait versée aux spécialistes se déplaçant. Dans cette maison, regrouper un point services publics, éventuellement sur le même principe : un jour Caf, un jour impôts, un jour préfecture, … J’ai déjà parlé de la question des transports publics, type mini-bus ou taxis à la demande , pour désenclaver ces villages. Enfin, je souhaite que les zones franches rurales soient plus amplement soutenues par un dédouanement notamment de la taxe professionnelle.

8/. Vigie77 : Quelles sont les actions concrètes que vous pourrez mener pour la réduction des nuisances aériennes de Roissy, surtout après l’approbation du PEB de Roissy contre l’avis de la quasi-totalité des riverains (val d’Oise et Seine et marne confondus) ?

D’abord je crois qu’on doit obliger Roissy à respecter les consignes européennes sur les aéroports internationaux et notamment sur l’altitude d’attente : il est incroyable de voir des aéroports comme Amsterdam ou Francfort connaître une amplitude sonore si faible par rapport à celle des environs de Roissy. Ensuite quand je parle nuisance aérienne je n’entends pas seulement sonore, mais également de pollution atmosphérique, avec la nuisance connue sur la santé des habitants : il faut créer une écotaxe sur le kérosène et une surveillance plus forte des avions choisis par les compagnies (qualité environnementale, capacité par rapport aux besoins, etc). Cette écotaxe devrait pouvoir servir à financer des examens médicaux gratuits annuels pour une meilleure surveillance de la santé de la population alentours, ainsi qu’une gradation des aides (défiscalisation) à l’installation de doubles vitrages isolants. Le manichéisme actuel fait qu’on peut habiter une commune et avoir droit à une défiscalisation totale, et être la commune à côté non-classé sans aucun droit. Il faut graduer les taux de défiscalisation en proportion des nuisances hertziennes mesurées.

9/. Pj2 : En cas d’élection, êtes vous d’accord pour annuler la loi qui accorde 60 mois d’indemnités parlementaires à tout député non réélu ?

Non sûrement pas, la question est truquée. Premièrement, il s’agit de partir du principe qu’il faut empêcher qu’un député soit obligé de retrouver absolument son mandat pour pouvoir vivre : l’esprit du règlement intérieur (et non une loi) de l’Assemblée nationale de 2003 a donc été de favoriser le mouvement démocratique et d’ouvrir au maximum les postes d’élu à la fonction privée (moins de 30% des élus sont aujourd’hui issus du privé). Deuxièmement, il s’agit d’assurer une indemnité, dégressive sur 5 ans, aux députés non réélus. Cela ne s’applique pas aux députés issus de la fonction publique ni aux retraités. Cette indemnité n’est pas payée par le contribuable, mais par un prélèvement direct sur les indemnités des députés élus créant ainsi un genre de caisse de solidarité pour venir en aide aux ex-députés sans emploi. Je trouve ce principe juste et sain et je l’aurais voté sans état d’âme. Il s’appliquera de toute façon à une très petite minorité de députés (30-40 ?), sans que cela ne coûte un seul sou au contribuable, je le répète. Troisièmement : en revanche, je pense qu’il serait bon d’assigner cette indemnité sur le même principe que les chômeurs actuels, à savoir une obligation de recherche d’emploi et, éventuellement, une rencontre mensuelle avec un conseiller type ANPE. Je crois que ce type d’amendement serait à rajouter, pour une meilleure justice sociale.

10/. Stéphane : Pour être élu, êtes vous prêt à pactiser avec le candidat du centre ?

« Pactiser » ? Suis-je le diable ? Etant le candidat du centre, je me permets de renverser la question. Il ne faut pas se figer sur le parti politique, mais sur le programme et sur l’identité du candidat. Le programme que je défends n’est pas incompatible avec aucun des deux autres programmes. En revanche, l’idée de programmer une alliance, ou de le systématiser est tout à fait contraire avec le Modem, par différence avec ce que fut l’ancienne UDF. Je serais pour ma part plutôt favorable à reprendre au niveau local la proposition de François BAYROU au niveau national, à savoir un débat politique avec les 3 ou 4 premiers au premier tour. Arrêtons de faire la politique sur la forme et attachons nous au fond, au programme, et non aux partis et aux combines !